Dav
31 oct. 2025 à 21:57 · Modifié
A priori et je dis bien a priori nous serions tentés de penser que l'ouverture d'esprit correlée à une certaine intelligence inviterait à la tolérance.

Et pourtant...
L'histoire de l'humanité et des grands hommes réputés pour leur grande intelligence a prouvé qu'il n'y avait pas forcément corrélation significative entre intelligence et tolérance.

J'y vois là presque un paradoxe de la nature humaine entre cognition et croyance cognition et émotion, cognition et humanité.

À première vue, une très grande intelligence permet une très grande compréhension des phénomènes.
De même qu'une grande intelligence émotionnelle aide à l'introspection mais aussi à la compréhension des émotions sentiments et pensées d'autrui.

Et pourtant,...
J'ai croisé de vrais cerveaux avec de vrais cœurs ( sous-entendu dotés d une grande intelligence "cognitive" et émotionnelle) mais aussi étrangement d une grande intolérance.

Alors comment expliquer ce paradoxe vivant ?

Il me semble que bien au-delà de l'intelligence sous toutes ces formes, bien d'autres paramètres vont interférer pour expliquer le manque de souplesse mentale.

Alors pourquoi cette rigidité mentale ?

En premier lieu, j'imagine des biais émotionnels c'est-à-dire de fortes réactions émotionnelles face à des situations stressantes qui vont générer une forme d'intolérance c'est-à-dire de refus , de déni de la réalité .
La surexposition au stress par exemple crée une hyper réactivité émotionnelle

En deuxième lieu, j'imagine aussi qu'il existe des biais cognitifs . Je crois que nous sommes parfois prisonniers d'un carcan éducatif où nous avons puisé nos valeurs et nos croyances aussi intolérantes soient elles.
Sans parler que parfois une hyper rationalité nous coupe de nos émotions mais aussi de notre intelligence émotionnelle si tant est que nous en soyons pourvus.

En troisième lieu il me semble que l'humain est victime aussi de biais sociaux. Son besoin d'affiliation, de connexion, d'acceptation par la validation d'autrui va sûrement l'amener à épouser une certaine conception du monde pour être mieux intégré dans le tissu social.
Cette idéologie laisse rarement de place à la tolérance. Et ce d'autant plus que la société va forger le lien social autour d'un système de croyances de sorte que certaines ideologies seront incompatibles ( comme le communisme et le capitalisme ou encore l atheisme et le déisme)

En quatrieme lieu , il me semble aussi que nous sommes parfois victimes de biais affectifs .En effet ,L'être humain a bien du mal à prendre de la distance vis-à-vis de son propre système normatif car il a besoin de croire pour réduire l'incertitude et calmer ses angoisses existentielles et autres ...
Et il va par conséquent cristalliser certaines croyances dont la remise en cause serait intolérable pour son ego.
Fondamentalement, il me semble que l'intolérance va surtout naître de la difficulté à gérer un conflit interieur engendrant une forte frustration.

Ensuite, les traits de caractère ( comme l impulsivité ) vont avoir un impact essentiel sur la tolérance , de même que les attitudes mentales comme l humilité .
À titre d'exemple, la différence sera très grande entre quelqu'un d'orgueilleux et d'humble car cette derniere permet d'accueillir les autres points de vue mais aussi de les tolérer. Ainsi J'ajouterai donc un 5eme item que j ' appellerai biais de personnalité pour globaliser .

Mais toutes ces spheres sont intimement imbriquées au point où
je me demande s'il existe une intolérance purement intellectualiste dépourvue d'affect et une intolérance affective (émotionnelle ) dépourvue de raison.
Où y a-t-il forcément un phénomène d'intrication entre ces 5 items et dans quelles mesures?
Quel role joue alors l intelligence dans cette dynamique interactive?

Cette réflexion n'est pas innocente parce qu elle impliquerait qu'il puisse y avoir une tolérance sans intelligence .

Plus j'y réfléchis et plus je me dis qu au final la tolérance puise ses racines dans nos valeurs morales avant tout .

Toutefois , je réalise aussi que respecter un code moral n est pas si simple et que la tolérance ne va pas toujours de soi !

Selon vous est-il possible d'être tolérant sans être intelligent ?
Est-il possible d'être tolérant sans intelligence émotionnelle?
Est-il possible d'être tolérant sans empathie ( non cognitive mais émotionnelle) ?
Est-il possible d'être tolérant sur tous les sujets ?
Si l intolerance est aussi un indicateur de saturation , pour autant , elle semble malléable .
Est-il possible d'échapper ou du moins d'attenuer l impact de ces biais ?

Au final l'intelligence ne m'apparaît pas être une condition nécessaire à la constitution de la tolérance même si en théorie , elle devrait y contribuer .Je dis bien DEVRAIS car elle peut etre aussi mise au service du mal absolue malheureusement dans un aveuglement idéologique. .

J Imagine aussi qu il doit y avoir bien d' autres variables qui jouent un rôle dans la formation de cette intolérance mais j' ai tente de synthétiser en regroupant 5 items principaux :
Cognition , émotion, socialisation affection et mentalisation.

Surtout n'hésitez pas à apporter votre vision du phénomène,
vos suggestions sur les variables impliquées primaires , secondaires ou cachées , mais aussi d'apporter des éléments de réponse à mes interrogations.

Merci 🙏
Salut,

Un peut faut, mais très bon raisonnement.

Pour le un peut faut, c'est surtout le titre.
Il faut faire la différence entre la moyenne et le cas par cas.

En moyenne, l'intelligence amène a plus de tolérance.
Au cas par cas, les autre facteur peuvent surpasser l'intelligence.

En moyenne, l'intelligence amène bien a plus de tolérance.

Mais la tolérance dépend encore plus de notre éducation, de notre milieux social, de notre sphère d'influence.

Un individu, n'est pas juste son intelligence.
C'est un tous, ou son vécue, ca condition, son environnement, son histoire, la forgé. C'est une infinité de chose.
On est tous l'infinie, et tous unique.

Un être très intelligents peut être intolérant a cause des autres facteur qui l'auront forgé.
Mais en moyenne, l'intelligence mène a plus de tolérance.
Et ca, j'en suis sure.

C'est surtout l'éducation qui mène le plus a l'intolérance, donc les parents.
C'est mon avis, je peut me tromper.
@D-aventure
Ton analyse comporte des questions, mais aussi de nombreux éléments de réponse. Pour commencer, quelle est ta définition de l'intélligence et de la tolérance ?

Ensuite, si j'ai bien compris les 5 facteurs qui peuvent impacter la propension à la tolérance de chacun-e, certains semblent concerner plutôt l'intelligence cognitive/logique et d'autres l'intelligence émotionnelle. Il y a d'une part les émotions déclenchées par certaines situations (triggers) qui peuvent conduire à un repli/refus de l'autre. D'autre part les biais cognitifs auxquels personne n'échappe. Comme le biais de confirmation qui fait que nous ne voyons que ce que nous nous attendons de voir (ce qui fait que ce résumé reflète ma compréhension personnelle de la question... ). Ou une rationalisation à outrance. Pourrais-tu développer cet aspect ?
Ensuite, tu mentionnes l'appartenance, le "Nous versus Eux" en quelque sorte, ainsi que le côté affectif caractérisé par des conflits intérieurs et le besoin de certitudes.
Et au final, les traits de caractère (mentalisation).

Je pense également qu'il n'existe pas de corrélation directe entre l'intélligence et la tolérance. Comme tu l'as précisé, l'intelligence n'est pas une condition nécessaire de la tolérance; elle est contingente et peut même être mise au service d'une intolérance particulièrement marquée.

Pour essayer de mettre mon petit grain de sel:
"Selon vous est-il possible d'être tolérant sans être intelligent ?" Sans aucun doute (même s'il reste la question de la définition de l'intelligence).

"Est-il possible d'être tolérant sans intelligence émotionnelle? Est-il possible d'être tolérant sans empathie (non cognitive mais émotionnelle) ?"
Si l'on sépare intelligence logique/cognitive et émotionnelle, l'on pourrait penser que l'intelligence émotionnelle et l'empathie (qui en fait partie ?) sont plus cruciales que l'intelligence logique. Se mettre à la place de l'autre permet de le comprendre et de l'accepter plus facilement. Mais une compréhension étendue du comportement ou de la réaction d'autrui pourrait également être source d'intolérance si nous avons nous-mêmes vécu et surmonté une situation similaire sans en avoir fait tout un plat. Ou est-ce que l'intelligence émotionnelle rime immanquablement avec une méta-compréhension incluant le fait de ne pas projeter ses propres expériences sur les autres ?

" Est-il possible d'être tolérant sur tous les sujets ?" Oui, mais cela peut devenir contradictoire et/ou permettre la propagation de l'intolérance.

"Est-il possible d'échapper ou du moins d'attenuer l'impact de ces biais ?" Grande question. Ton 5e point sur les traits de caractères, les valeurs et la mentalisation pourrait apporter des éléments de réponse. Humilité et valeurs morales, mais aussi la confiance en l'autre et au système (de valeurs), une solide estime de soi et le fait de ne pas avoir peur de perdre ses acquis (matériels et immatériels) sont des remparts contre l'intolérance. À mon avis, ces facteurs ne demandent pas une intelligence hors pair.
Pour revenir à ta question de départ, l'intelligence peut être mise au service de nombreux buts personnels ou collectifs, et si la finalité consiste à rendre ce monde plus tolérant, l'intelligence est fort utile, mais elle peut également servir de moyen pour renforcer l'intolérance. Pas de correlation, mais un outil, donc. L'intelligence ne protège pas de la bêtise 😀
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