Les couples atypiques - qu'ils soient HPI, TDAH, TSA, hypersensibles ou tout autre profil neurodivergent - ne fonctionnent pas comme les autres. Ils ont des besoins spécifiques et des modes de communication uniques. Et pourtant, la plupart des conseils relationnels que l'on trouve partout sont pensés pour les neurotypiques.
Résultat ? Des couples qui s'aiment profondément mais s'épuisent à essayer de rentrer dans des cases qui ne leur correspondent pas. Des partenaires qui se sentent incompris, jugés, et finissent par douter de leur compatibilité.
Voici la vérité : ce qui fait durer un couple atypique n'a rien à voir avec ce qu'on lit dans les magazines. Les règles sont différentes, les priorités aussi. Et quand on comprend ces spécificités, l'amour atypique peut être d'une solidité à toute épreuve.
Dans un couple neurotypique, on peut se permettre les sous-entendus, les "tu devrais comprendre" et les messages implicites. Chez les atypiques, c'est souvent la recette du désastre. Chacun a ses besoins de communication spécifiques, et aucun n'est moins valide qu'un autre.
Certains ont besoin d'une clarté absolue, sans nuances ni sous-entendus. D'autres doivent pouvoir expliquer leurs connexions mentales complexes sans qu'on leur coupe la parole au bout de 30 secondes. Quelques-uns perdent le fil et ont besoin de reformulation, d'autres encore nécessitent une douceur particulière sur les sujets émotionnellement chargés.
Dans un couple atypique qui fonctionne, personne ne force l'autre à communiquer "normalement". On s'adapte, on trouve le bon canal, on respecte le rythme de chacun. Les phrases commencent par "J'ai besoin que tu me dises clairement si..." ou "Laisse-moi finir ma pensée, après tu pourras réagir" plutôt que par des reproches sur la "mauvaise" façon de s'exprimer.
Le signal d'alarme ? Quand l'un reproche constamment à l'autre de ne pas savoir communiquer "comme tout le monde", quand l'impatience remplace la curiosité, quand on refuse de faire l'effort de comprendre le mode de fonctionnement de son partenaire.
"Tu exagères", "C'est dans ta tête", "Tu te compliques la vie" - combien d'atypiques ont entendu ces phrases de la bouche de leur partenaire ? C'est pourtant là que se joue une grande partie de la solidité du couple.
Tous les profils atypiques ont des besoins physiologiques et psychologiques réels
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Je me questionne également en complément sur les points suivants: que notre société neurotypique ou non souffre d'abord d'un manque d'écoute de type actif. Valider l'état émotionnel de l'autre en face, savoir entendre son besoin (c'est à dire savoir dire "tu me dis que tu as besoin de telle chose" plutôt que "tu es pas assez ceci ou cela en ayant tel besoin") est simplement humain. Faire cela envers soi-même en premier lieu.
Je connais des personnes neuroatypiques qui tentent de se conformer à des standards de non-écoute caractéristique des milieux hyperperformants et avec qui la relation n'est pas agréable de fait. Cela n'est pas tant une histoire de neurones (si on passe sur la simplification) que d'apprentissage des bases de compétences psychosociales, les CPS (toute la partie écoute en premier lieu) qui n'est pas faite.
Il se pourrait que les personnes neuroatypiques qui ont des besoins particuliers d'autant plus à un moment de leur vie notamment au moment de s'affirmer suffisamment de fait soient amenées à comprendre ces notions d'écoute active, de validation émotionnelle. Et de fait que cela puisse donner l'impression que le problème est "chez les neurotypiques." Tout cela parce que la conscientisation du problème pourrait être accrue chez les neuroatypiques alors que le problème concerne bien tout le monde. Les problèmes relationnels à ne plus les compter dans les médias et autres taux de divorce sont bien souvent ceux des personnes neurotypiques statistiquement.
Pour ma part, je reste aussi bien d'un point de vue logique que d'un point de vue empirique, totalement en désaccord avec l'essentialisation de toute une population. Je veux bien parler en "tendance", la tendance chez les personnes neuroatypiques est à ... La tendance chez tel sous-groupe de personne est à ... Il y a des personnes neuroatypiques qui n'assument pas leur fonctionnement (souvent par méconnaissance de soi ou en phase de transition vers l'être soi suffisamment) et qui sont très normées et très normatives des autres en vérité. Alors que certaines personnes qui n'ont pas de TND sont par ailleurs très bienveillantes, à l'écoute des autres, validantes émotionnelles.
A mon sens la dynamique de société hyperperformante dans laquelle nous nous inscrivons et qui par ailleurs ne donne pas les bases des CPS (savoir gérer ses émotions, les reconnaître, apprendre des formes de communication propice aux relations saines, etc.) fait l'effet de demander aux gens de manger du fait maison nourrissant et sain dans un monde qui ne propose que du McDo et ne propose aucune recette de cuisine saine. De fait de nombreuses personnes mangent McDo. De fait de nombreuses personnes ne savent pas gérer leurs émotions, écouter les autres, adopter des manières de dire qui sont assez assertives et tout en soupçonnant qu'un autre monde existe, qui existe en effet.
A l'aube de la transformation de notre monde relationnel notamment par l'IA, cela devient aussi une véritable résistance que d'encourager aux relations de qualité et à l'apprentissage des CPS chez les grands comme chez les petits. On voit un grand nombre de ressources dédiées à l'apprentissage des CPS chez les enfants et les ados, alors que le premier public qui impulse aussi la dynamique d'apprentissage chez les premiers reste les adultes.
https://www.santepubliquefrance.fr/competences-psychosociales/les-competences-psychosociales-de-quoi-parle-t-on
Excellent article très inspirant comme d'habitude ! 🥰