16 personnalités atypiques
Découvrez laquelle des 16 personnalités atypiques vous ressemble et explorez ce qui fait votre singularité.
Fatiguée dès le réveil, à bout l'après-midi, incapable de récupérer même après un week-end tranquille : Sarah, 41 ans, cheffe de projet, a tapé ses symptômes sur Internet. Le verdict revient en boucle sur des blogs et des sites de naturopathie : « fatigue surrénale ». Des glandes épuisées par le stress, qui ne produiraient plus assez de cortisol. L'explication est séduisante. Elle a un seul défaut : elle n'est pas reconnue par la médecine.
Voici d'où vient cette idée, ce que disent les études, et surtout ce qui peut réellement expliquer une fatigue qui dure.
Les glandes surrénales, situées au-dessus des reins, produisent notamment le cortisol et l'adrénaline, deux hormones qui interviennent dans la réponse au stress. L'expression « fatigue surrénalienne » (adrenal fatigue) a été popularisée à la fin des années 1990 par le naturopathe américain James Wilson. Selon cette théorie, un stress prolongé « épuiserait » les surrénales, qui ne parviendraient plus à produire assez d'hormones, d'où une fatigue chronique, des fringales, une prise de poids ou un moral en berne.
L'idée a beaucoup circulé, portée par des tests salivaires de cortisol et des compléments alimentaires censés « soutenir » les surrénales. Elle parle à beaucoup de personnes épuisées, parce qu'elle met un nom sur un vécu réel. Le problème n'est pas la fatigue, qui est bien réelle : c'est l'explication.
En 2016, deux endocrinologues brésiliens, Flavio Cadegiani et Claudio Kater, ont passé en revue 58 études qui comparaient le fonctionnement des surrénales de personnes fatiguées et de personnes en bonne santé. Leur conclusion tient dans le titre de leur article : Adrenal fatigue does not exist (« la fatigue surrénalienne n'existe pas »). Aucune étude ne montre de manière cohérente que les surrénales s'« épuisent » sous l'effet du stress, et les méthodes de mesure utilisées par les partisans de ce diagnostic ne sont pas validées (BMC Endocrine Disorders).
L'Endocrine Society, la principale société savante d'endocrinologie, est tout aussi claire : aucune preuve scientifique ne soutient l'existence de la fatigue surrénalienne en tant que maladie, et aucun test ne permet de la détecter (Endocrine Society). Elle met surtout en garde contre un risque : prendre des hormones ou des compléments « pour les surrénales » sans
…