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Manon, 28 ans, enchaîne les ruptures amoureuses et les démissions professionnelles. Un jour, elle tombe sur une vidéo TikTok : "10 signes que vous êtes peut-être surdouée". Elle se reconnaît dans tous. Soulagée, elle annonce à ses proches qu'elle a enfin compris : elle est HPI. Deux ans plus tard, après un épuisement professionnel, elle découvrira qu'elle souffre en réalité d'un trouble anxieux généralisé.
L'histoire de Manon n'est pas isolée. Longtemps ignoré par le grand public, le haut potentiel intellectuel (HPI) est aujourd'hui omniprésent : dans les médias, les écoles, les cabinets de psychologues. Cette reconnaissance tardive mais nécessaire a permis à de nombreuses personnes de mieux se comprendre et de recevoir l'accompagnement adapté. Mais un glissement s'opère progressivement : le HPI devient parfois l'explication par défaut à toute forme de mal-être ou de décalage social.
Cette tendance soulève une question cruciale : et si, paradoxalement, la popularisation du concept de haut potentiel générait de nouveaux problèmes ? Entre auto-diagnostic hasardeux et diagnostic de complaisance, le risque du diagnostic erroné mérite qu'on s'y attarde.
Contrairement à d'autres particularités neuropsychologiques, le HPI jouit d'une image positive. Être "surdoué" évoque l'intelligence, la créativité, la curiosité - des qualités valorisées dans notre société. Difficile de percevoir cette "différence" comme un problème ou un handicap.
Antoine, père d'un adolescent en difficulté scolaire, l'exprime sans détour : "Quand le psychologue a évoqué un possible TDAH, j'ai r
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21 commentaires sur HPI et effet de mode : le risque du mauvais diagnostic