En France, la prise en compte des troubles du neurodéveloppement tels que l'autisme, le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou encore les dys est très largement médicale. Pourtant, des voix s'élèvent pour « dépathologiser » ce qui peut l'être, afin d'apporter une aide plus ciblée aux personnes concernées. Qu'en penser ?
Deux enfants sont en classe de CP. L'un d'entre eux, Léo, présente des difficultés pour tenir en place et regarder dans les yeux. Il a parfois des crises de mutisme et se met en colère : il ne joue pas beaucoup avec ses camarades. Ses notes en souffrent, alors son professeur et ses parents sont mis sur la piste d'un diagnostic d'autisme. Une fois détecté, Léo obtient plus de soutien de la part de l'école, mais il « devient » aussi un enfant autiste. Au collège, il subira les moqueries de ses camarades. À l'âge adulte, les médecins, les assistants sociaux ou encore les recruteurs le prendront moins au sérieux s'il révèle sa particularité. Il sera par ailleurs moins encouragé à poursuivre des études longues, à cause de ses difficultés perçues. Pourtant, il aurait aimé être vétérinaire.
L'autre enfant, c'est Cléa. Elle a de bonnes notes, mais reste beaucoup dans son coin. On lui dit qu'elle est dans sa bulle, passionnée par les livres, les bandes dessinées. Elle se met peu en colère, mais parle aussi assez peu. Elle ne donne pas l'impression de souffrir beaucoup de son isolement. Cléa ne sera pas détectée, et ne saura pas qu'elle est autiste. En grandissant, elle devra se suradapter énormément, ce qui déclenchera chez elle beaucoup d'anxiété, et des phases dépressives à partir de l'adolescence. Mais petit à petit, elle se construira un groupe d'amis et ses parents l'encourageront à faire des études dans sa passion : le dessin. Cléa deviendra graphiste, et si elle se sentira toujours
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"Le Dr Thomas Stephen Szasz MD (né Szász Tamás István, 1920-2012) pensait que les troubles mentaux et émotionnels étaient des constructions métaphoriques et que le système psychiatrique était souvent néfaste.
Ses partisans estiment que l'accent mis sur l'autonomie individuelle et la responsabilité personnelle remet en question la nature involontaire des interventions psychiatriques, ainsi que l'étiquetage de certains comportements comme troubles mentaux et émotionnels.
Ses opposants estiment que cette perspective mine l'importance des services de santé mentale et émotionnelle, et la nécessité de protections sociétales dans les cas où les individus peuvent presenter un risque pour eux-mêmes ou pour autrui.
Il reste que la santé mentale et émotionnelle est un domaine complexe et multiforme, et qu'aucune
perspective unique ne peut en saisir pleinement les nuances.
Bien que les critiques émises par le Dr Szasz aient influencé le discours sur la psychiatrie et la santé mentale et émotionnelle, le sujet fait toujours l'objet de discussions, de recherches et de compréhensions en constante evolution."
Source LinkedIn
https://www.linkedin.com/posts/dr-andrew-maclean-pagon-md-phd-944a81238_dr-thomas-stephen-szasz-md-bornsz%C3%A1sz-tam%C3%A1s-ugcPost-7223358533386280960-cMHp
Les humains étant une espèce sociable, que se passerait-il si cette capacité à la vie en commun était amoindrie, diminuée, réduite jusqu'à un certain point, pour une tranche donnée de la population ?
J'ai coutume de donner cet exemple : "un tigre au sein d'une meute de loups" (Mowgli, lui, était sociable. Baghera et Baloo un peu moins...), bref un solitaire obligé de vivre en société.
On aurait donc une "variante de la non-sociabilisation", tout comme il existe une "variante de la latéralisation", avec des gauchers minoritaires par rapport aux droitiers.
Et ceci à cause d'un "curseur de la sociabilisation" (neuronal) qui serait réglé plus bas que de coutume, pour certaines personnes.
Les titulaires de cette variance, les autistes, auraient donc du mal à acquérir certaines capacités que les majoritaires, les neurotypiques, adoptent très facilement en général (instinct de l'humeur d'une personne, imitation, adoption d'avis majoritaires, adaptation sociable, sens de la hiérarchie et des attitudes correspondantes, etc...)
Ils manqueraient donc d'une certaine "culture", en raison de leur très grande difficulté d'apprentissage de ce qu'est la vie en société (puisqu'ils n'arrivent pas à la percevoir ou à la comprendre réellement).
Mais, et là mon raisonnement butte sur le point suivant, au-delà de cet handicap culturel, s'ajoute parfois des comorbidités, plus "physiques" ou nerveuses (balancement, regard fuyant...)
Quel est le lien de ces comorbidités avec une capacité sociale amoindrie ? Je n'en sais rien (peut-être une proximité neuronale ?)
Mais une chose est sûre : on est là dans l'effet pathologique qui, effectivement, pourrait être pris en charge... s'il est mal perçu par la personne elle-même (ou impossible à gérer par ses tuteurs).
Par exemple, si elle a une conscience vive d'un réel handicap dans le cours de sa vie et dans ses aspirations.
Tout ça pour dire que je suis entièrement d'accord avec cet article (qui est excellent en tous points) : on devrait vraiment distinguer, dans la neuroatypie, ce qui est "pathologique" de ce qui est foncièrement "naturel" même si plus rare au sein de la population générale.
Mais je ne vois pas comment ça pourrait changer. C'est tellement facile et confortable pour les neurotypiques de ranger les anormaux dans la catégorie Handicap. Ça évite aux neurotypiques de se remettre en question et de faire réellement de l'inclusion.
Les neurotypiques sont hyper majoritaires, ils ne sont prêts de changer leur façon de faire pour contenter quelques asociaux. Ils ne font même pas l'effort de respecter la loi en faveur des personnes en fauteuil roulant, ils sont encore plus loin de faire des efforts pour des personnes avec une différence invisible.
il y a 1 anBonjour Nico,
J’aime beaucoup ton commentaire à l’analyse de départ. Un bon débat ne peut se faire sans une proposition solide.
Oui, les neurotypiques (comme certains d’entre nous) n’en ont rien à cirer de nos histoires. Entre eux, déjà, ils se pourrissent la vie. Nous sommes quasi invisibles pour eux. Qui va aider un enfant battu ? Personne. Et si quelqu’un de bienveillant cherche à nous aider, au bout de combien de temps il se lassera ? L’humain veut un retour sur investissement même dans le domaine émotionnel pour ne parler que de celui là.
Je crois que pour certains d’entre nous, nous avons une capacité à entrer dans le monde en nous cachant.
Au bout du compte, on arrive à une alternative étrange. Ou nous cachons ce que nous sommes et c’est une souffrance énorme, insupportable … ou nous assumons ce que nous sommes et c’est aussi une souffrance aussi énorme, insupportable.
Chacun se protege comme il/elle peut dans chacun des deux choix.
J’ai tenu environ 55 ans en revendiquant ma différence. On ne peut plus revenir en arrière.
On montre aussi nos failles, c’est logique. Les pervers et les violents qui traînent savent en profiter et c’est le burn-out
J'ai Vraiment beaucoup de mal avec le mot trouble.
Par définition le mot trouble désigne quelque d'indéfinissable, dont on ne sait pas bien ce qu'il englobe, ça pourrait pousser au mysticisme ; Par qui il a été utilisé au départ et pour désigner quoi au juste? Quasi impossible puisque c'est trouble.
Est ce une maladie? non. Donc cela ne soigne pas.
Est ce un comportement normal? A priori non. et Normal par rapport a quoi? Dans quel cadre spatiotemporel? Le terme société restant bien vague pour ne pas dire trouble.
Qui fixe cette norme et de ce qui ne l'est pas, normé? ( bonjour l'arbitraire et le principe de limite)
Mais surtout, a qui sa profite?
A mon sens c'est devenu un business juteux toutes ces personne qui ont des "troubles".
C'est un point jamais abordé mais ne jamais oublier que toute activité est monétisée. plus il y a de troubles, plus il y a d'argent à se faire, pour qq chose qui n'est pas une maladie, donc qui ne se soigne pas, c'est dont une source de revenus sans fin.
Je rejoins assez la position de F. Begaudeau sur ce point.
En reste des personnes qui souffrent.