Dans un monde saturé d'opinions où chacun a son avis sur tout, penser semble aller de soi. Les réseaux sociaux débordent de « réflexions », les débats s'enchaînent, les prises de position se multiplient. Nous vivons dans l'illusion d'une époque hyper-intellectualisée où la pensée serait omniprésente.

Mais penser vraiment, est-ce aussi naturel qu'on le prétend ? Derrière le bruit des commentaires et l'agitation des polémiques, une question plus fondamentale émerge : savons-nous distinguer la véritable pensée de ses contrefaçons ? Carl Gustav Jung l'exprimait avec une lucidité cruelle :  « Penser est difficile, donc que le troupeau prononce le jugement ! » Cette formule soulève un paradoxe troublant : si penser était si évident, pourquoi serait-ce si rare ?

Ce qu'on appelle penser : opinion, réaction, conformité

Confondre pensée et opinion

La première confusion réside dans l'assimilation de la pensée à l'opinion. Nous prenons souvent nos réactions immédiates pour des réflexions abouties. « Je pense que... » devient le préfixe automatique de nos jugements les plus spontanés, comme si le simple fait de formuler une idée suffisait à la transformer en pensée.

Or, la pensée authentique suppose un effort de recul, de doute, de confrontation avec le réel. Elle exige de suspendre son jugement, d'examiner ses présupposés, de creuser au-delà des apparences. L'opinion, au contraire, est souvent une émotion habillée de mots, une réaction déguisée en raisonnement. Elle nous rassure par sa simplicité et sa netteté, là où la pensée véritable

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Publié par David

J'ai créé Atypikoo pour celles et ceux qui se sentent "TROP" : trop sensibles, trop intenses, trop différents. Depuis 2019, plus de 60 000 personnes ont rejoint la première communauté où la différence est la norme et près de 20 000 membres ont participé à nos événements. Chaque semaine, des milliers de connexions naissent entre des personnes qui se sentent enfin à leur place.

17 commentaires sur Savons-nous (vraiment) penser ?

Pascale13
il y a 6 mois · Modifié
Les réseaux sociaux sont dans la réaction et dans la manipulation émotionnelle, pas dans la réflexion, la pensée réfléchie...Voir hier, ce dimanche 24 août à 2OH50 sur T18 le doc sur la Sciences des émotions, en plusieurs parties, très intéressant...et notamment comment on peut les manipuler....!
Gill
il y a 6 mois · Modifié
Encore un article exceptionnel !

J'ai le "défaut" de toujours vouloir faire ressortir la contradiction dans un raisonnement. Même si je suis d'accord (avocat du diable). Juste pour approfondir le principe, et vérifier qu'on a bien pensé à tout avant d'affirmer qu'on a raison. Aussi, pour évaluer les limites de la reflexion, mettre en exergue la zone grise qui rend la chose vraie si telles et telles conditions sont réunies...
Par exemple, quand je parle à un militant de Gauche, je lui oppose des arguments de Droite, et vice-versa 😁

Mais la plupart des gens y voient une agression : je ne suis pas pour eux, donc je suis contre. Un comportement qui explose, en ces temps de réseaux sociaux. Autre exemple : oui, je suis féministe, mais pas ce féminisme là.

Je vais donc mettre en doute une partie de cet article, que j'approuve pourtant à 100 % 😉

"Et si penser, finalement, c'était surtout oser ne pas être d'accord - même avec soi-même ?" :

La question est : jusqu'à quel point doit-on douter de soi-même ?

Je suis parfaitement d'accord qu'il ne faut pas considérer toutes nos certitudes comme définitives. On peut évoluer, changer de conviction face à une révélation éblouissante, s'apercevoir qu'on s'est trompé parce qu'on n'avait pas les bonnes infos ou qu'on a été manipulé...

Mais quand-même, si on doute de tout, jusqu'à soi-même, où peut-on trouver la confiance en soi nécessaire pour avancer sereinement dans la vie ?
La confiance en soi, c'est la première des choses qu'on devrait inculquer à un enfant (en même temps que les limites sociales et l'empathie), pour qu'il sache comment s'autonomiser plus tard. C'est ce que cherchent à retrouver toutes les personnes meurtries qui ont besoin d'une assistance psychologique... C'est donc vital !

Je dirais donc (mais cela reste une conviction à approfondir 😏) qu'il faut accepter, non pas de mettre totalement en doute ses croyances, mais d'admettre qu'elles sont perfectibles, en permanence en-cours d'analyse... et qu'il peut exister un risque qu'elles soient battues en brèche un jour.

Il faudrait rester "agnostiques" de nos idées.
Mais sûr de soi, en attendant. ☝️😌
3560605yz
il y a 6 mois
C'est un constat que l'on fait chaque jour sur nombre de sujet, chose, travaux.
Toutes les strates de la société, du travail, en sont altéré. Travail qui n'aboutie jamais, sans finition , de mauvaise qualité.
La penser de surface sans profondeur, sans y rajouter d'ingrédient crucial tel que la spiritualité, un désir profond de satisfaction intellectuelle, de partage, ou de changement, de vision divergent ou de penser culturelle riche d'échange et d'information.
De nos jours tout arrive en premacher, pré-digéré, sans vérifier la provenance, le contenue, la ressonance, que cela aura sur le long therme.
Plus besoin de séduction pour ramenait les gens a sont opinion, y as qu'as voir ceux par qui on se laisse diriger.
On reste la sans réaction, sans questionner, près a tout, surtout au pire pour ne pas être exclus du troupeau qui nous ettouffe et nous écrasse, a se laisser tondre docilement, jusqu'au jours de notre mort.
Je croit que l'on questionne jamais assez, que l'on nous as jamais appris a dire non, que je ne serait jamais sastisfaite que quand j'en aurais finie de toutes ces conneries, cette masquarade immonde,cette lie dans lequel baigne le monde entier.
Oui il y as de la colère, du désespoir,et certainement une forme de révolte dans mes propos et j'ai un peut dévier du sujet. Mais après tout on parle de la penser alors pourquoi pas hein.
La penser faut la faire vivre, faut lui donner du corp, de la contenance, de la ressonance.
Je croit effectivement que le bruit,la vitesse, nous a dépossédé de ceux qui rend l'humain particulier. La penser ces beaux, ça n'as pas de frontière que celle qu'on lui donne, c'est la liberté, c'est par sont échange que le monde a grandie évoluer et régressé a la fois. Alors j'espère que chacun un jour ce posera les bonne question dans le silence de sont âme pour que ça vie et celle des autre puisse être changer de la plus belle des manière.
Un bel article merci bien de jeter cette bouteille a la mer.
Sono
il y a 6 mois · Modifié
Cher David,
merci pour cet article plein de belles et sages paroles.
Et… n’est-ce pas une magnifique opportunité que de commencer — enfin — à vivre pleinement ?
À ressentir, à s’ouvrir, à laisser s’épanouir tous nos sens (il y en aurait au moins 19, selon les dernières découvertes scientifiques)…
Bien sûr, nos pensées peuvent parfois apaiser une sensation désagréable.
Mais ce n’est pas la douleur qui nous effraie le plus — c’est tout ce que le mental y ajoute.
D’où l’intérêt, à mes yeux, de distinguer la douleur réelle de la souffrance mentale.
Bien à toi,

Sono
Paradoxe2
il y a 6 mois
La partie de l'article qui traite du rejet social m'évoque deux autres idées. D'une part concernant les opinions, j'ai parfois remarqué que lorsqu'on a un point de vue différent d'une autre personne, on est rejeté parce qu'on est considéré comme n'étant pas dans le même camp. Et il peut même arriver que la personne ou le groupe essai d'obliger à penser comme elle ou lui. J'ai également remarqué qu'on ne sait plus débattre : entre ceux qui n'acceptent pas la pluralité, ceux qui empêchent les autres de s'exprimer, ceux qui s'énervent, ceux qui répandent de fausses informations, ceux qui n'ont pas d'opinion...On a un peu perdu les règles de communication. On a du mal à "cohabiter" avec un Autre différent.
D'autre part concernant les pensées divergentes ou originales, j'ai remarqué qu'on est vite étiqueté comme "bizarre", "anormal", "fou" et j'en passe. Certaines personnes ont peur de ce qu'elles ne connaissent pas. On nous apprend à entrer dans un moule social et tout ce qui ne peut pas y entrer est parfois considéré comme un "intrus" dont on se moque ou auquel on ne veut pas être assimilé. Heureusement, ce n'est pas la majorité des cas. Pour ma part, j'aime me faire ma propre opinion ou mon propre ressenti, par la connaissance, l'expérience, l'esprit critique, la tolérance, ma propre remise en question, le droit à l'erreur...
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