Métro bondé, silence d'écrans. Open space de 200 personnes, conversations par Slack. Soirées à 50 invités, chacun sur son téléphone. Comment peut-on se sentir si seul quand on n'est jamais vraiment seul ?
Notre époque a réussi l'exploit de créer une solitude inédite : celle qui prospère au milieu des autres. Une solitude qui ne naît pas de l'absence, mais de la présence. Pas du vide, mais du trop-plein. Pas du silence, mais du bruit qui empêche d'entendre.
Cette solitude moderne défie l'intuition. Logiquement, plus on est entouré, moins on devrait se sentir seul. Pourtant, jamais autant de gens n'ont rapporté se sentir isolés alors qu'ils vivent dans des villes de millions d'habitants, travaillent en équipe, sortent régulièrement. Le problème n'est plus de trouver des gens, mais de les rencontrer vraiment.
La foule anonyme amplifie paradoxalement la solitude. Dans un village de 500 habitants, croiser quelqu'un sans le saluer serait impensable. Dans le métro parisien, côtoyer 200 personnes sans échanger un regard devient normal. Plus la densité humaine augmente, plus chacun se replie dans sa bulle invisible.
Cette foule d'inconnus nous renvoie une image troublante : nous ne sommes qu'un visage parmi d'autres, interchangeable, oubliable. L'anonymat qui devrait libérer finit par aliéner. On peut disparaître au milieu de la foule sans que personne ne s'en aperçoive.
Pire encore : la présence fantôme. Ces moments où les autres sont là physiquement mais absents mentalement. Le dîner de famille où chacun consulte son téléphone entre deux bouchées. La réunion où la moitié des participants répond à leurs emails. L'ami qui vous raconte sa journée tout en scrollant Instagram. Une présence en trompe-l'œil qui donne l'illusion du lien tout en creusant l'isolement.
Le paradoxe du divertissement social illustre parfaitement cette époque. Soirées
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Tout est dit et l'adaptation assez facile néanmoins par un simple sourire aux esprits compliqués, une philosophie de l'optimisme comme j'ai pu rencontrer avec d'autres artistes, ma pratique de l'aikido, mon renouveau de motard par exemple. Le "monde autour" serait un ensemble de solitudes atypiques répondant plus à des normes convenues socialement dont les jardins extraordinaires ne demanderaient qu'à être partagés...
Je revendique mon statut d'ebauche.. aucune vie n'est possible sans embryon...
Vaste sujet....je sais...mais je prefere être seul que d'adopter une identité collective qui ne me representera jamais..
La libération sexuelle, les portables, les réseaux, les applis de rencontre… tout ça combiné a complètement bousculé nos repères relationnels, nos modes de lien, nos attentes. Ce qu’on a appris jeunes ne résonne plus vraiment avec l’air du temps.
Résultat : l’être humain se déconnecte de lui-même, se désincarne. Par moments, on devient presque des bots.
C’est pour ça que je trouve ce site à part. Beaucoup ici cultivent un vrai désir d’authenticité, une envie de faire bouger les lignes. Et ça, c’est précieux.
Et au fond, je crois qu’on ne peut pas parler de cette solitude moderne sans toucher à la question du pouvoir. Derrière l’hyperconnexion et l’hypercontrôle social, il y a une forme de dissociation collective. On fuit l’intime, le silence, parce qu’on a peur de nos peurs.
Le lien demande du risque, du courage. Il oblige à se montrer, à renoncer à certains masques. Mais notre époque valorise l’image, la productivité, le contrôle… pas la vulnérabilité.
Résultat : beaucoup vivent dans une présence sociale de surface, mais émotionnellement absents.
Et je pense qu’ici, pas mal d’entre nous avancent justement sur cette ligne fragile entre authenticité et protection.
il y a 7 moisJe crois que continuer à oser, même quand on doute, même quand ça fait mal, c’est déjà une victoire intérieure.
La peur, elle recule souvent quand on avance… même à tout petits pas. Et chaque pas, même minuscule, ouvre un passage qu’on ne voyait pas avant.
Le monde autour ds le terme n'est pas en dedans, l'extérieur apparent peut ou pas impliquer l'authenticité, c'est le contrat quelque-part... là où il n'y a que l'intimité du "soi" en revanche est un contrat perso, libre arbitrage!...
Le monde autour n'est pas censé "nous satisfaire" au demeurant. Il vaut mieux se créer son "monde autour" et lui imputer une importance propre à ce que l'on dégage car "le monde" devient moins impersonnel ainsi...
La solitude devient relative si l'on est copain avec soi-même et que notre bien-être ne dépend pas du "monde autour"!;) c'est là que la chose n'est pas entendue de la même oreille par tous et selon chacun c'est un problème ou pas.
Le bruit ne remplit jamais complètement un espace vide de manière authentique, une musique en revanche donne une forme au vide!...;)
Se sentir seul avec du monde autour, c'est aussi penser consciemment ou inconsciemment à se départir du bruit qui meuble juste le silence...ce silence que beaucoup de gens ne supportent pas. Socialement, l'idée de "monde autour" donne l'illusion au sens prestidigitation...détournant l'attention pour une part, quelque part! ;) Réseaux sociaux avec des centaines d'amis, voire des milliers, pour se sentir "entouré"...et en même temps "seul", cela est effrayant ds le constat je trouve car l'évidence du nombre indique plus l'illusion et la désillusion.
C'est l'histoire de vraies présences et de spectres de présences! La TV allumée non stop chez la mère à Titi, ou le tel devenant l'illusion du monde autour parce qu'il bip ss arrêt, esquivant la propre présence au "soi".
"Le monde autour", quand c'est un espace-temps choisi, est agréable, et ce de manière assez universelle; quand ce n'est pas le cas, c'est que l'on aimerait mieux être ailleurs, que l'on ne se sent pas confortable ds la situation "d'être entouré"...ressentie comme une fausse présence, spectrale.
Au final, quand on prend le temps (le temps qui se résorbe à peau de chagrin certes de + en +) bah n'importe qui peut devenir autre chose que "du monde autour"...possédant un paysage qui vaut l'écoute du récit d'être et de vécu, mais encore faut-il que le temps ne soit pas celui de la surface vernie et policée qui implique de broder au lieu de bien vivre des présences alentours en silence. C'est rarement le bruit qui indique un bien-être avec du monde autour, mais la capacité de se sentir en présence parmi d'autres présences, sans forcément ouvrir la bouche. On peut même se sentir très entouré en présence d'aucune personne :)
Je suis assez d'accord avec une philosophie de "se sentir" bien sans raison apparente ni verbalisable, juste ds un espace temps ancré au moment vécu en présence, parmi d'autres...Pis quand "le monde autour" oppresse, bah soit se barrer soit se barrer ds sa tête quand cela s'impose comme "trop de bruit pour rien!" ;)....Version en effet de beaucoup de têtes de cochons de l'art ds l'univers des langages artistiques, de ce que j'en sais et vis du moins.
Les raisons sociétales et les jeux de rôles pèsent , mais au fond, personne n'oblige personne à se mêler à du monde si cela disconvient, à moins de le vivre comme "obligation, devoir et concession".
Les artistes ont très souvent un sanctuaire: atelier ou autre endroit choisi pour se ressourcer. Ils s'y plaisent en solo et cultivent leur jardin intérieur comme un espace rien qu'à eux...et parfois ressentent l'en vie de rejoindre le "monde autour" auquel ils apprécient de se mêler avec joie.
C'est l'idée de "contrainte" qui blesse à beaucoup d'endroits.
Mais il est également assez banal de voir à quel point les gens se contraignent eux-mêmes, sans nul besoin de quiconque: ai-je le droit de rester seul alors que je suis invité?, que va penser untel et unetelle?, est-ce que je risque de ne plus être apprécié ni invité de nouveau etc etc"....vivre en fonction du jugement et du regard des autres au détriment de ce que l'on est vraiment et qui l'on est renvoie un reflet aussi factice que le "monde autour" qui fait souvent la même pantomime avec le même script sur la même scène de théâtre.
Ne plus être calé à "l'esprit du temps", évoqué par "Sergei" à mon avis ne décale que de l'époque, du décor environnant pour une part subi sans y pouvoir grand chose, et non de soi-même, à moins d'être déjà coupé de soi sans le savoir depuis plus longtemps que l'on ne l'imaginais. L'illustration d'une époque qui bouge vite, c'est déjà vrai quand on nait en 1900 ou que l'on a 50 ans en 1880....l'accélération, l'industrialisation de dingue...celle qui est décrite ds des films où les perso ne reconnaissent plus le monde ds lequel ils vieillissent. Je ne crois pas qu'en ayant connu une autre époque, moins "robotisant" les ressources humaines et sans fucking "bots" relou sur la toile ;))! on puisse s'y assimiler totalement de toute façon, on parcellise l'assimilation disons!...on résiste un peu, comme on peut je dirais! Les assimilés ne sont pas les "ieuvs" comme disent les jeunes, mais eux sont assimilés, imbriqués à leur "esprit du temps".