Pour les personnes concernées par les troubles du spectre de l'autisme (TSA), le monde du travail s'avère souvent synonyme de souffrance. Entre difficultés relationnelles et talent sous-exploité, les complications auxquelles font face les personnes autistes sont nombreuses. Dans cet article, on décrypte les raisons de ces difficultés, et comment y faire face pour trouver ou conserver un emploi.
Commençons par un constat : les autistes de France et d'ailleurs sont, aujourd'hui, peu employés ou rémunérés pour un travail qui leur permet de subvenir à leurs besoins. Les statistiques varient d'un pays à l'autre, mais la conclusion est la même : la grande majorité des personnes concernées par les troubles du spectre de l'autisme ne travaillent pas en échange d'un salaire – même si on sait bien qu'ils sont loin d'être inactifs !
Une étude du Royaume-Uni datant de février 2021 indiquait ainsi que 22 % des personnes autistes interrogées travaillaient… Contre 80 % pour la population générale. En France, où il est plus dur de trouver des statistiques à ce sujet, les perspectives semblent également assez
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Quand on parle de syndrome, il faut parler également sa gradation. L'autisme va depuis des troubles légers jusqu'à des personnes qui ne peuvent survivre dans le monde extérieur. Dans les secteurs de la Défense et du Spatial où j'ai travaillé, bon nombre de personnalités cochaient de nombreuses cases d'un trouble faible à modéré, et ils excellaient dans leurs travaux d'hyper-spécialistes, un peu étranges mais parfois recherchés - voire de managers "à la serpe" pour mener des restructurations difficiles. Mais il me semble qu'on ne parle pas d'eux dans l'article, alors que je partage beaucoup les constats de celui-ci pour "le centre de la gaussienne".
Par ailleurs, et là je prends ma casquette de chef d'entreprise, il est strictement interdit à un responsable de trop s'intéresser à la santé de ses salariés, alors même qu'il est pénalement responsable de celle-ci.
C'est une ambiguïté majeure du rôle des chefs d'entreprises et une corde sur laquelle personne ne sait vraiment marcher : faut-il être humain et rechercher si les gens sont proches du burn-out quand ils le masquent et disent que tout va bien (mais on risque de se prendre par la suite une baffe au Tribunal sur le mode "salaud de patron qui s'immisçait dans la vie de ses salariés pour mieux les exploiter") ou bien faut-il se tenir à distance comme le préconise le Code du Travail et se retrouver cloué au pilori quand le burn-out se déclare (devant le même Tribunal) ?
J'avoue que c'est très compliqué à gérer et qu'effectivement, cette double épée de Damoclès n'incite pas au risque et invite les recruteurs à prendre des profils neutres et surtout pas des atypiques, même s'ils sont enrichissants (dans tous les sens du terme)... Le risque légal est important et souvent peu perçu du côté des candidats, mais toujours présent du côté recruteur. Cela joue pour toute les situations atypiques : la gestion du risque est déséquilibrée et les entreprises préfèrent passer à côté d'un candidat à fort potentiel positif si le potentiel d'em***des est également fort.
MODE DISCLAIMER /ON
J'ai conscience que mes deux points peuvent paraître irritants à de nombreuses personnes ici. Mais merci de ne pas me jeter avec l'eau de votre bain.
MODE DISCLAIMER /OFF
il y a 3 ansPour l'instant, le Code du Travail donne la répartition des risques et c'est le principal motif d'action des entreprises, au détriment des collaborateurs atypiques qui sont rejetés dès l'entrée. J'en suis sincèrement désolé, mais la réponse est législative et non dans l'entreprise.
Je travaille en pharmacie. Au début tout va bien, je passe pour l'originale de service, puis pour la fille qui réussit trop vite trop bien, et à partir de là tout dérape. Certains patrons se sont mêmes montres violent dans leurs propos (en me rabaissant physiquement, par exemple) ou dans leurs actes (en m'attrapant la tête pour me répéter de les regarder dans les yeux, par exemple), et les collègues finissent par suivre. Plusieurs fois je me suis retrouvée dehors en pleurant parce que la journée avait été affreuse. Voir toutes ses personnes vous persécuter toute la journée, c'est invivable.
Résultat, je prends beaucoup sur moi, j'essaie de m'adapter et ça finit en dépression. Et c'est un cercle sans fin à se trouver des excuses pour expliquer que vous avez changé 6 ou 7 fois de société en moins de 2 ans.
Merci en tout cas, ça rassure un peu de lire cet article. Au final, je suis juste autiste.
il y a 3 ansIl existe des indépendants, des intérimaires, des chef.fes d'entreprises, des professions libérales, des responsables associatifs et des bénévoles... sans parler de tas de gens aux activités moins avouables vis-à-vis du fisc mais qui parlent de leur "travail"...
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