Contrairement aux idées reçues, les études scientifiques récentes tendent à montrer que les personnes à haut potentiel intellectuel (HPI) ne sont pas systématiquement plus malheureuses que la moyenne. La recherche contemporaine nuance largement le mythe du "génie torturé" et révèle que l'intelligence élevée peut même constituer un facteur de protection psychologique dans de nombreux cas, notamment contre certains troubles mentaux.
Cependant, cette réalité statistique ne doit pas occulter une autre vérité : posséder un cerveau fonctionnant différemment, avec une intensité et une complexité particulières, peut générer des défis psychologiques spécifiques.
Il ne s'agit donc pas de dramatiser la condition des personnes à haut potentiel, mais plutôt d'explorer les zones d'ombre que peut parfois créer une intelligence hors norme. Car si être HPI n'est pas synonyme de malheur, cela peut néanmoins s'accompagner de particularités psychologiques qu'il convient de comprendre et d'accompagner.
Chez certaines personnes à haut potentiel, le cerveau fonctionne comme un radar hypersensible qui capte et analyse chaque stimulus, chaque nuance, chaque sous-entendu. Une conversation anodine devient un puzzle complexe à décortiquer, un regard fuyant se transforme en indice d'un malaise profond, un silence prend des proportions dramatiques.
Cette hypervigilance cognitive, si elle peut être un atout dans certains contextes, devient rapidement épuisante au quotidien. Dans une perspective clinique, Gilloots décrit chez certains HPI une intensité cognitive marquée, parfois associée à une réactivité émotionnelle élevée, ce qui peut générer une surcharge mentale et relationnelle. Il ne s'agit pas d'un trait universel chez toutes les personnes à haut potentiel, mais d'une configuration possible observée en consultation psychothérapeutique. Les relations interpersonnelles se compliquent alors quand on perçoit des tensions que les autres ne voient pas, ou quand l'analyse prend le pas sur l'instant vécu.
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Notes de réflexion, le HPI qui analyse l'analyse du HPI 🙃
Un cerveau en surchauffe permanente
> La méditation peut être une pause, un temps de repos nécessaire.
> Les activités qui permettent de reconnecter à nos sens externes ou internes, et d'être un peu moins dans le mental, aussi. (activités manuelles, physiques, ou dans la nature, expériences sensorielles comme le contact avec l'eau, la terre, le soleil, les câlins , les expériences qui nous reconnectent à nos ressentis corporels comme le body scan, le yoga-nidra, la sophrologie... )
L'ennui chronique
> D'un autre côté, la stimulation intellectuelle est un réel besoin des HPI et doit être reconnu et comblé. L'ennui intellectuel est une vrai souffrance, par exemple sur les bancs de l'école. Tendre vers un équilibre entre repos du cerveau et utilisation satisfaisante de nos neurones agités et gourmands.
> Abrutie par les contenus des réseaux sociaux addictifs (TDA aidant), mais pourtant souvent frustrée par ceux-ci, je me rend compte qu'il m'est plus difficile de lire un vrai bon livre qui satisfait mon appétit intellectuel, comparé à la période pré-smartphone. Cela me coute, me demande un effort, alors que ca ne l'était pas il y a 10 ans. Mais la satisfaction intellectuelle paisible après ces moments vaut l'effort.
J'ai eu la chance de voir des groupes d'enfants majoritairement HPI évolués ensemble. Leur bonheur et leur épanouissement faisait vraiment plaisir à voir. Une émulation, des amitiés riches. Certains étaient aussi poussés aux résultats scolaire, par certains parents perfectionnistes, de manière qui pouvaient être source de souffrance et qui fait écho à mon vécu, dans une famille de HPI qui s'ignorait.
il y a 9 moisJe fais quant à moi partie des hpi heureux, notamment parce que le public de mes étudiants et mon activité de professeur me comblent. C'est donc possible, même si comme pour toute quête de bonheur (et non seulement chez les hpi), il faut de la patience pour le mettre en place.
C'est exactement cela.
Moi, je suis malheureuse parce qu'ostracisée.
J'évolue dans un milieu professionnel étriqué.
Alors, je fuis en altitude (montagne), m'isole. Je suis devenue autosuffisante.
J'ai la malchance d'avoir 60 ans.
Petite, lorsque j'ai dit à mes parents "Je pense trop, il faut me faire opérer du cerveau", j'ai pris une gifle. Je suis rentrée dans ma coquille.
Lorsque, jeune adulte, j'ai parlé d'hyper-lucidité, d'hyperconnexion, l'hyper-analyse à un spécialiste, il m'a demandé si j'entendais des voix (sur le mode psychotique).
J'ai pris une seconde gifle et suis à nouveau rentrée dans ma coquille.
Il y a peu, quelqu'un m'a regardé autrement...
J'aurais juste aimé être normale. Juste ce qu'il faut
il y a 9 moisJ'exagère, en fait je coche seulement 9 cases sur 10, mais je peux encore m'améliorer !
il y a 9 moisJe constate deux points principaux sur lesquels je me reconnais totalement :
1. Le sentiment de solitude sans pour autant être seul.
J'ai toujours eu ce sentiment puis j'ai fini par comprendre avec l'âge que je n'étais pas si isolé que ça d'être une sorte d'esprit totalement égaré un peu comme le christ cosmique.
Seulement avec le temps j'ai aussi fini par me dire que ce sera une composante quasi permanente de ma vie et que je vais devoir 'faire avec'.
Très souvent, dans 95% des cas, les gens fatiguent avant moi ou il me fatigue, surtout dans ces repas que je trouve insipide où les gens parlent pendant 3 heures de choses que j'estime insipide et vide de sens au plus profond de moi.
Je n'ai jamais compris et j'ai fini par comprendre que je ne comprendrai jamais.
Ça enlève une grosse chape de plomb intériorisé et ça permet surtout de beaucoup relativiser quand la plupart vous dise 'mais je fais semblant', ça vous confirme l'absurdité de ce jeu social vide de sens.
2. Le principe d'alexithimie qui est abordé dans le livre de Carlos tinoco 'le surdoué et les autres'.
Vous réussissez tellement à faire illusion de votre détachement entre vous et vos émotions que l'illusion est 'trop' parfaite pour l'autre.
Seulement, et c'est très bien expliqué, le processus est totalement inversé en vous car l'émotion entraîne la stimulation intellectuelle, c'est un peu la nitro de fast and furious du cerveau.
Elle booste absolument tout en moi, mes capacités intellectuelles, physiques, spirituelles comme elles peuvent totalement me paralyser intérieurement dans certains cas.
Vous apprenez, au prix d'un effort et d'une énorme dépense énergétique par faire illusion.
Je le mets en lien avec l'injonction permanente que la société vous impose sur ce que vous devez donner l'illusion d'être, un être lisse et parfait.
Personnellement je pense que c'est une forme de dépression version 'hpi' , après rien n'est prouvé là dessus mais je me suis auto persuadé d'avoir développé une sorte de dépression une fois de plus en décalage de la 'norme' surtout à la vingtaine.
Point de choses très original dans ce que je vais dire ensuite.
Comment retrouver l'équilibre face à tout ça ?
1.L'activité sportive régulière permet la régulation de tout le système corporel, intellectuel et spirituel.
Vous êtes enfin en paix avec vous même, j'ai mis presque 20 ans à y parvenir et aujourd'hui ça m'aide beaucoup c'est vital pour moi et c'est très difficilement compris par mon entourage.
2.La pratique d'une activité culturelle afin de faire face à vous même en miroir.
Vous vous confrontez au regard de l'autre et surtout vous apprenez à faire de votre différence une force.
Vous relativisez aussi en vous rendant compte que vous n'êtes pas si horrible que ça et ce miroir qui vous déformait tant par le passé finit par vous renvoyer une image de vous de plus en plus nette.
Et vous allez être surpris mais vous apprenez à vous trouver 'beau', vous l'êtes car vous êtes juste vous même enfin.
La beauté étant essentiellement lié à l'ensemble de votre être, le physique n'étant qu'une enveloppe, regardez l'humoriste booder, nous le trouvons beau dans ma famille.
La construction identitaire passe par ces étapes qui ne sont qu'un début.
L'introspection étant un état de stase nécessaire à l'éclosion de la chrysalide spirituelle qui peut prendre plus ou moins de temps.
Je pars du principe qu'expliquer cela à quelqu'un, dans 90% des cas soit la personne ne pourra pas vous comprendre car impossible d'accéder pour elle à votre 'niveau de lecture' réel.
Vous ne pouvez pas lui en vouloir, c'est juste un état de fait.
Soit la personne le prend mal et vous prend pour un prétentieux voir quelqu'un d'imbus de lui-même.
Soit elle va vous tester et va plus ou moins implicitement vous demander de prouver.
J'ai déjà constaté ce genre de comportement sur la plate-forme, je suis tranquille avec ma conscience et je n'ai rien à prouver.
Je suis ce que je suis et j'en ai de plus en plus conscience avec le temps.
Aujourd'hui pour être sincère, je considère encore être plus idiot que la moyenne dans de nombreuses circonstances mais peu importe.
Ce que j'ai fini par lier à une sorte de syndrome de besoin de validation impossible à obtenir car la plupart des gens doivent déjà comprendre l'amorce de votre réflexion.
Elle doit pouvoir y accéder et pour ça, la connexion doit être quasi totale.
Chose qui arrive de façon très très rarissime même sur une plate-forme où la probabilité de rencontrer des hpi est plus élevée.
Autre chose paradoxale, la plupart de mes amis et connaissances ne sont pas concernés par le sujet hpi sans pour autant que je m'ennuie avec eux.
Cependant je sens que je peux très souvent vite les fatiguer voir les vider.
Ils associent très souvent ça à un 'label', j'en ai déjà longuement fait un développement sur certains de mes talks.
Après comment en vouloir à qui que ce soit vu que tout finit par devenir 'label' et produit marketing.
il y a 10 moisJ'ai du 'faire des efforts' au nom de 'l' amitié' que ma mère avait auprès de personnes mal attentionnées plus jeune et qui m' ont littéralement traité de 'snob'.
Et dans des contextes plus classiques, pour être plus direct, les gens ne comprennent pas.
J' ai du 'apprendre' à au moins faire semblant de m'intéresser au 'small talk' même si ça me coûte énormément en énergie.
Aujourd'hui pour moi la norme est le camouflage et le mode caméléon.