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On entend de plus en plus parler du « microbiote » ces dernières années. Cet écosystème microscopique qui existe en nous a longtemps été méconnu. Pourtant, ses implications pour notre santé humaine se révèlent de plus en plus précises à mesure que les chercheurs explorent son rôle dans plusieurs aspects de notre vie. Alors qu'est-ce que le microbiote ? Quel impact peut-il avoir sur notre santé mentale ? Et pourquoi en parle-t-on de plus en plus dans le cadre de la neuroatypie ? On se penche sur ce passionnant sujet.

On peut commencer par définir le microbiote. Il s'agit d'un vaste univers microbien qui réside principalement dans notre tube digestif. Il n'est pas, comme on l'entend encore parfois, qu'une simple collection de bactéries. Il est en réalité composé d'une myriade de micro-organismes - bactéries, virus, champignons et plus encore. Le microbiote joue un rôle essentiel dans des fonctions vitales telles que la digestion bien évidemment, mais aussi la régulation métabolique. Il sert aussi à se protéger contre des « envahisseurs » indésirables comme certains virus ou bactéries. Et l'on sait désormais que ces rôles vont plus loin que ce que l'on pensait.
La découverte et la compréhension du microbiote se sont faites progressivement à mesure que la science a progressé. C'est notamment le séquençage ADN qui a ouvert la porte à un nouveau champ de recherche et d'application. Il a permis d'explorer en profondeur la composition génétique des micro-organismes et de mieux comprendre leurs interactions avec l'organisme hôte, c'est-à-dire nous ! Cette approche permet également d'étudier les gènes spécifiques présents dans le microbiote, ce qui offre un aperçu de leurs fonctions et de leur contribution potentielle à la santé humaine, physique comme mentale. Maintenir l'équilibre de son microbiote permet donc de prendre soin de soi de manière globale, comme on va le voir.
Le microbiote exerce donc une influence significative sur la santé physique, en raison de ses interactions avec le reste du corps humain. C'est notamment le cas parce qu'il contrôle en partie l'inflammation. Les micro-organismes présents dans le microbiote ont en effet la capacité de moduler les réponses immunitaires de l'organisme, jouant ainsi un rôle crucial dans le maintien de l'équilibre immunitaire et la régulation de l'inflammation. Par ailleurs, certaines espèces bactériennes du microbiote sont capables de produire des métabolites anti-inflammatoires, qui permettent d'atténuer l'inflammation.
Au-delà de cet aspect, un microbiote diversifié et équilibré contribue à renforcer la barrière intestinale. Cette dernière agit comme son nom l'indique comme une zone de protection, qui empêche la fuite de molécules potentiellement inflammatoires dans le sang. À l'inverse, un déséquilibre dans la composition du microbiote (qu'on appelle « dysbiose »), peut entraîner une activation excessive du système immunitaire et une inflammation chronique. Or l'on sait désormais que l'inflammation chronique est associée à diverses maladies telles que les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), l'obésité, le diabète de type 2 et même des affections neurologiques comme Parkinson.
Tout cela montre donc que le microbiote joue sur des aspects et des troubles physiques bien plus larges que ceux liés à la digestion.
Ce qui peut paraître plus surprenant, c'est que le microbiote a un rôle sur notre santé mentale, et pas uniquement sur nos troubles physiques. Pourquoi ? Parce que le microbiote joue en partie sur la production de neurotransmetteurs, tels que la sérotonine et la dopamine. On les a déjà évoqués ailleurs, car ceux-ci jouent un rôle clé dans la régulation de l'humeur et du bien-être émotionnel. De plus, le microbiote peut produire des métabolites qui ont un impact sur le système nerveux central, et donc sur les fonctions cognitives et émotionnelles. C'est-à-dire nos capacités de compréhension, et les émotions que l'on ressent.
Selon Guillaume Fond, psychiatre et spécialiste du microbiote à l'APHM, le stress est notamment un grand facteur de déséquilibre, comme il le confirmait au micro de France Télévisions :
« Le cortisol, qui est l'hormone du stress, augmente la perméabilité de l'intestin. Cela veut dire que quand on est stressé de manière chronique, il y a des choses qui passent dans le sang qui ne le devraient pas, qui créent de l'inflammation, et on va avoir par exemple plus d'infections respiratoires ou plus de maladies mentales. »
L'on parle désormais d'« axe intestin-cerveau » pour faire émerger ces liens, qui sont plus poussés et complexes qu'on le pensait jusque là. Les nouvelles découvertes remettent donc en question nos perceptions traditionnelles de la relation entre le cerveau et l'intestin.
Cela ne s'arrête par ailleurs pas à l'intestin. On sait aussi que le tube digestif, et en particulier l'intestin, abrite un vaste réseau de neurones. Connu sous le nom de système nerveux entérique (SNE), ce système est
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J'ajoute cet interview du Professeur Gabriel Perlemuter qui me paraît bien compléter le propos.
https://www.youtube.com/watch?v=IL6b4BCvyAg&t=39s