5 éléments qui peuvent vous mettre la puce l’oreille, selon Élodie Crépel, autrice du livre « Femme atypique » aux éditions Jouvence. 

Femme atypique ?

Je crois avant tout qu’il est essentiel de rappeler que si tout le monde est certes atypique (dans le sens singulier), tout le monde n’est cependant pas neuro atypique. Le terme atypique, ici,  est un diminutif du terme « neuroatypique » !

Alors, certes, on en parle de plus en plus, mais cela ne concerne qu’une minorité de personnes. Minorité qui a un système neuronal différent, différent d’une norme (si norme, il existe réellement…). 

Ainsi on regroupe dans la grande famille des atypies : la douance (le fait d’être surdoué, le haut potentiel intellectuel, les philocognitifs, les zèbres), la haute sensibilité (l’hypersensibilité, l’ultrasensibilité, le haut potentiel sensible), le tdah (trouble neurodéveloppemental du définit de l’attention avec ou sans hyperactivité ), le spectre de l’autisme (notamment asperger qui n’est plus utilisé), et les dys (troubles cognitifs de l’apprentissage).
Mais restons humbles de ces connaissances, car les études sont assez nouvelles et les neurosciences avancent à vitesse grand V. Il est donc fort possible que nous découvrions d’autres fonctionnements atypiques,  qui restent encore à ce jour sans réponse. D’autant qu’il n’est pas rare de cumuler les atypies (on peut cependant en avoir une seule aussi), et de ne pas bien comprendre nos particularités quand bien même on multiplie les infos et les tests. Les observations cliniques restent alors essentielles pour avancer dans la compréhension et l’aide à apporter aux personnes atypiques. 

On réalise que beaucoup de femmes atypiques ne se retrouvent pas dans les livres, dans les conseils ou les descriptions qu’elles peuvent trouver ; que ce soit dans les livres, sur internet ou même auprès de certains professionnels . Pourquoi ? Car malheureusement, jusqu'à présent, la plupart des neuroatypies ont été observées chez une majorité d’hommes. Rien d’anormal quand on sait que les petits garçons sont aujourd’hui encore trois fois plus testés que les filles pour la douance par exemple, et que les femmes sont étiquetées facilement de trop sensibles, voire d’hystériques, et ce sans même aller plus loin dans l’analyse. 

Et pourtant… plus on avance dans la connaissance des femmes atypiques, plus on réalise l’impact puissant du sexisme ordinaire dans leur manière de se suradapter à ce monde (fait pour et par les personnes neurotypiques). Alors bien sûr, les hommes aussi ont leurs propres particularités ; mais travaillant depuis des années avec une grande majorité de femmes, j’avais vraiment à cœur de relever quelques points essentiels pour les aider à assumer et à vivre leurs atypies positivement. 

Je vous propose donc de voir de manière succinctes 5 points parmi ceux dont je parle dans mon ouvrage. Cinq petites graines à arroser autant de fois que possible et avec toute la passion que seuls les atypiques savent si bien y mettre ! 

1. Elles se noient dans le Barnum car elles ont peur de se légitimer

Il est souvent plus facile pour les femmes de s’autoconvaincre que les atypies ne les concernent pas (surtout pour la douance). Malgré leur petite voix intérieure, elles vont se dire que ce n’est pas possible, qu’elles ne sont ni douées, ni intelligentes et puis… elles n’étaient pas « bonnes en math »… Bref toutes les excuses y passent et notamment ce fameux effet Barnum qui serait de croire n’importe quelle description comme la sienne. Voilà malheureusement la bonne excuse pour ne pas creuser davantage. Saviez-vous que la plupart d’entre elles ne s’intéressent qu’à ce sujet seulement parce qu’elles ont appris que leur enfant l’était ? Et quand on leur demande si un des parents l’est aussi, elle pense directement au papa… mais elle ? Jamais ! 

2. Elles se suradaptent au point de se sacrifier

Comme je dis souvent : « oui à l’adaptation, mais attention à la suradaptation ». Car si le fait de s’adapter selon les contextes et les personnes est un véritable atout, le fait de se noyer dans un faux self par crainte du rejet est par contre la pire des erreurs. Car correspondre aux attentes des autres c’est s’oublier soi. 
Les petites filles y sont plus sensibles, elles veulent surtout ne pas décevoir et se sentir « utiles ». En grandissant, beaucoup d’entre elles portent donc le lourd masque de la femme sacrificielle, celle qui va penser d’abord aux autres, et s’auto convaincre qu’ainsi elle est une « bonne personne ». Malheureusement, si penser aux autres est une vraie qualité, le sacrifice, lui n’est qu’une manière de fuir certaines peurs (comme celle de ne pas être aimé pour qui on est vraiment). 

3. Elles utilisent leur intelligence pour cacher leur intelligence

Beaucoup de femmes me disent que lorsqu’elles ont découvert leur douance, ça a tout changé dans leur couple… et que leurs compagnons les ont quittées. 
Une problématique qui peut sembler assez incroyable, et pourtant, quand on voit qu’elles n’osent pas se mettre en avant (et ce depuis toutes petites), ou ressentent le besoin de cacher leurs compétences, de les minimiser ou pire de s’autosaboter… on réalise aisément qu’être une femme intelligente ce n’est pas chose aisée. 
Les femmes ont d’ailleurs plus de mal à parler de leur douance que de leur sensibilité (à contrario des hommes, qui sont plus mal à l’aise avec leur sensibilité). Il y a donc tant à déconstruire pour que chaque personne puisse développer son plein potentiel. 

4. Elles sont d’une exigence maladive (nourris l’impostrice)

On remarque chez les femmes une exigence très forte : rien ne semble assez bien, elles doivent réussir tout et tout le temps. Et ce n’est pas à confondre avec le perfectionnisme ! 
Elles ont surtout besoin de combler un complexe de l’impostrice assez puissant : elles ont la sensation de devoir faire cinq fois plus pour être légitime… et même là, c’est souvent une question de chance selon elles.Rien ne semble donc suffisant… 
Une exigence qu’elles peuvent avoir aussi avec leur entourage. Cependant,  leur empathie leur permet de prendre de la distance et d’avoir plus de bienveillance envers les autres qu’envers elle-même.

5. Une triple peine pour les femmes atypiques au travail

Fabrice Micheau parle de double peine quand il parle de la femme surdouée, car il n’est déjà pas évident d’être une femme dans cette société, mais surdouée qui plus est… 
Je me permets de le paraphraser pour parler de triple peine avec la femme atypique au travail. Alors « peine » veut pas dire que c’est un handicap infranchissable, absolument pas. 
Je relate dans mon livre justement tout le potentiel de ces femmes : elles ont besoin de se dévoiler, de s’assumer et de savoir qu’elles ont aussi leur place. 
Par exemple, souvent, elles n’osent pas demander une augmentation en prétextant « je ne fais pas ça pour l’argent, je n’ai pas besoin de plus », c’est une gêne qu’ont beaucoup moins leur homologue masculin… il faut donc leur rappeler que ce n’est pas une question de besoin mais de mérite vis-à-vis de leur travail ! 

Il y aurait bien sûr encore tant de choses à dire et à développer sur ce sujet des femmes atypiques, mais je laisse à chacun et chacune le soin de s’y intéresser si le sujet interpelle. Car il faut être prêt à déconstruire beaucoup de normes socioculturelles et éducatives. Un long cheminement qui doit être emprunté avec le mot liberté. 
Je rappellerais juste une chose importante à toutes les femmes atypiques : sachez que monde a eu besoin de vous, alors ne vous cachez plus !

A PROPOS :

Retrouvez Elodie Crépel sur Instagram ou sur son site https://elodiecrepel.com/

Publié par Elodie

Élodie Crépel est psychanalyste et médiatrice familiale spécialisée dans la douance et l’hypersensibilité. Elle est l’une des seules thérapeutes françaises répertoriées sur le site d’Elaine Aron. Elle est aussi codirigeante de l’Observatoire de la sensibilité crée par Saverio Tomasella. Elle-même hypersensible et surdouée avec des TDAH, elle a à cœur de montrer, à travers ses livres et ses réseaux sociaux, comment on peut faire de ses atypies des atouts dans sa vie professionnelle et personnelle.
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