16 personnalités atypiques
Découvrez laquelle des 16 personnalités atypiques vous ressemble et explorez ce qui fait votre singularité.
Il a commencé par être attentionné, presque trop. Puis les remarques sont venues, d'abord rares, ensuite quotidiennes. Aujourd'hui, Claire, 38 ans, vérifie chaque message avant de l'envoyer et se demande si elle n'exagère pas. Un soir, une amie prononce le mot : « pervers narcissique ». Le terme soulage autant qu'il inquiète. Que recouvre-t-il vraiment ? Et surtout, comment en sortir ?
Claire est une situation illustrative, composée à partir de récits fréquemment rapportés.
L'expression « perversion narcissique » a été proposée par le psychiatre et psychanalyste Paul-Claude Racamier à partir de 1986. Il décrivait un mouvement psychique : se protéger de ses propres conflits intérieurs en les faisant porter par un autre, aux dépens de celui-ci. En 1998, la psychiatre Marie-France Hirigoyen a fait connaître le sujet au grand public avec Le Harcèlement moral. La violence perverse au quotidien, consacré aux violences psychologiques dans le couple, la famille et le travail.
Depuis, « pervers narcissique » est devenu un mot du quotidien. Il faut pourtant savoir ce qu'il n'est pas : ce n'est pas un diagnostic. Le terme ne figure ni dans le DSM-5 (la classification américaine des troubles mentaux) ni dans la CIM-11 (celle de l'Organisation mondiale de la santé). La psychiatrie décrit en revanche un trouble de la personnalité narcissique, avec des critères précis, que seul un professionnel peut évaluer après un examen clinique.
Cette nuance n'enlève rien à la réalité de ce que vivent les victimes. Elle invite simplement à déplacer le regard : plutôt que de chercher à étiqueter l'autre, mieux vaut regarder ce qui se passe dans la relation, et ce que cela vous fait.
Les spécialistes des violences conjugales parlent aujourd'hui volontiers d'emprise ou de contrôle coercitif, une notion développée par le sociologue Evan Stark dans Coercive Control (2007) : un ensemble de comportements répétés qui visent à dominer l'autre, à restreindre sa liberté et à l'isoler, souvent sans aucune violence physique. Parmi les signes les plus souvent rapportés :
Aucun de ces signes, pris isolément, ne « prouve » quoi que ce soit. C'est leur répétition, leur installation dans la durée et le déséquilibre de pouvoir qu'ils créent qui doivent alerter. Un conflit, même vif, entre deux personnes qui se respectent n'est pas de l'emprise.
Une idée reçue tenace voudrait que les victimes « choisissent » de rester, ou qu'elles soient attirées par ce type de relation. Elle est fausse, et elle fait du mal. L'emprise se construit pas à pas : personne n'entre dans une relation en sachant qu'elle deviendra destructrice. L'alternance entre douceur et dureté crée un attachement puissant, l'isolement prive des points de comparaison, la fatigue et la honte réduisent la capacité à agir. Partir peut aussi exposer à des risques réels, matériels ou de sécurité.
La responsabilité des violences revient à la personne qui les exerce. Rester, partir, revenir, hésiter : ce sont des étapes fréquentes d'un chemin qui prend du temps, pas des fautes.
On lit souvent que les personnes à haut potentiel, hypersensibles ou neuroatypiques seraient des « cibles privilégiées ». Aucune donnée solide ne permet de l'affirmer pour le haut potentiel en tant que tel. Certaines situations peuvent en revanche fragiliser : l'isolement social, un long passé de rejet, la difficulté à lire les intentions implicites chez certaines personnes autistes, ou la tendance à chercher à tout comprendre et à tout excuser. Nous détaillons ces facteurs, sans fatalisme, dans notre article les personnes atypiques sont-elles des proies faciles ?
Si vous vous reconnaissez dans ce qui précède, quelques repères peuvent vous aider, à votre rythme :
Une fois la relation terminée, il est fréquent de continuer à entendre les critiques passées, de douter de soi, ou de se reprocher de ne pas être parti plus tôt. Ces réactions sont des conséquences de l'emprise, pas des preuves d'une faiblesse. Un accompagnement thérapeutique aide à les comprendre et à retrouver confiance en son propre jugement. Pour aller plus loin, vous pouvez lire de la relation toxique à la relation saine.
Car au fond, la question utile n'est pas « est-il pervers narcissique ? », mais : est-ce que je me sens libre, respecté et en sécurité dans cette relation ? Si la réponse est non, vous avez le droit de demander de l'aide, dès maintenant.